Les Lacs du Connemara (1981)

J’invite à la danse autant qu’au voyage… Pourtant, mon succès était loin d’être acquis. Imaginez-vous : mes accords celtiques et mes couplets entêtants font revivre un mariage irlandais en pas moins de 7 minutes 40 !

J’aurais pu naître à Galway ou Limerick… Mais c’est à Saint-Georges-Motel, dans l’Eure, que je vois le jour en 1981. Plus précisément dans la maison de campagne de mon interprète. Michel Sardou venait y passer quelques jours avec Pierre Delanoë, son parolier, et Jacques Revaux, son compositeur.

Je dois tout simplement mon existence à une panne de synthétiseur ! L’instrument de Jacques Revaux avait mal supporté le voyage en voiture. Lorsque ce dernier appuie sur une touche, c’est un son de cornemuse qui résonne dans la pièce…

Michel Sardou réagit immédiatement : « Ne touche à rien ! Continue avec ça ! ». Et Pierre Delanoë d’ajouter : « Attends, attends, ça me vient ! On va faire un mariage irlandais ». Alors que Sardou lui demande s’il connaît l’Irlande, Delanoë se lève puis et revient avec… un dépliant touristique du pays dans les mains !

Ensemble, ils relèvent alors les noms des localités : Cork, Tipperary, Barry-Connely… et Connemara ! On croirait presque à une farce mais voilà comment les trois comparses m’ont créée de toute leur imagination, sans avoir jamais mis les pieds au bord des lacs du Connemara !

Michel Sardou ne croyait pas en moi : « Elle fait 7 minutes 40 ! A la radio ça passerait jamais et puis 7’40 pour raconter l’histoire d’un mariage irlandais : on va faire chier tout le monde ! » (« Qui êtes-vous Michel Sardou ? » documentaire de Mireille Dumas, France 3, 2012). Je suis pourtant devenu l’un de ses plus grands succès ! Mon 45 tours regroupant Les Lacs du Connemara et Je viens du sud se vendra à plus d’un million d’exemplaires en France, jusqu’à entrer dans le « Livre des records«  ! Depuis 1983, j’ouvre ou ferme d’ailleurs chacun de ses tours de chant et figure donc sur tous les albums enregistrés en public depuis cette date.

Le 15 novembre 2011, à l’occasion de mon 30e anniversaire, Paul Kavanagh, ambassadeur de l’Irlande à Paris, a symboliquement remis les clés du Connemara à Michel Sardou.

Pour l’anecdote, Pierre Delanoë n’en était pas à son premier coup d’essai avec moi : pour écrire La Maritza à Sylvie Vartan, il s’était servi d’un dictionnaire pour connaître un peu plus les origines bulgares de la chanteuse… « Je suis tombé sur le nom de ce fleuve qui traverse la Bulgarie et c’est venu tout seul… » avouait-il !

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